Vous êtes vous déjà demandé ce qui fait qu’un producteur soit bon ou pas ?
Pour ma part, je me suis souvent demandé comment réussir à progresser en beatmaking.
Quand je me suis mis à la production musicale je ne savais pas où commencer. 
J’avais envie de créer ma propre musique mais je n’avais aucune idée de l’étape 1.
J’étais perdu.
J’avais beau regarder des tutoriels sur Youtube et pourtant j’avais toujours l’impression de stagner.
Et j’ai fini par abandonner… pendant plusieurs mois.
J’avais perdu motivation et j’avais l’impression de tourner en rond.
J’ai tenté de m’y remettre à plusieurs reprises mais je ne tenais pas plus de trois semaines.
Puis un jour, j’ai fini par comprendre une chose : il me fallait un chemin à suivre si je voulais progresser en beatmaking et devenir meilleur.
Et c’est là, ou je me suis rendu compte qu’il me manquait une méthode et un état d’esprit.
Pour trouver ce chemin je me suis intéressé aux méthodes de travail de beaucoup de producteurs et artistes, d’une part.
D’autre part, j’ai essayé de mieux comprendre ce qui marchait dans d’autres domaines et qui était applicable en beatmaking.

Ainsi, j’ai identifié 10 principes que j’ai appliqués pendant un an qui m’ont permis de progresser en beatmaking.

Avoir une routine

Bloquez-vous un moment dans votre agenda, par exemple

Avoir une routine de création est essentielle si on veut progresser en beatmaking.
Chaque matin, la 1ere chose que je fais en me levant (après le café) c’est de me poser devant mon PC et lancer Ableton.
Chacun doit trouver la routine qui lui convient le mieux (certains préfèrent le soir).
Cette idée vient de Stephen King qui chaque matin s’asseyait à sa table pour écrire quoi qu’il arrive.
Quand j’ai commencé le beatmaking, je n’avais aucune routine de création.
Je composais de temps en temps quand l’inspiration venait.
Le problème, c’est que parfois l’inspiration ne vient pas comme on le souhaiterait.
Ce qu’il faut comprendre c’est que comme un sport ou un instrument, plus on pratique plus on progresse.
Il est important de voir ça non pas comme une performance qu’on essaie d’accomplir mais comme un apprentissage
Et plus on pratique régulièrement plus on se donne une chance de s’améliorer.

Terminer ses compositions

Finir ce qu’on commence aide aussi à garder la motivation

On a vu qu’il est important de se créer des habitudes de créations pour progresser en beatmaking.
Mais pour s’améliorer réellement, il faut aussi terminer ses compositions.
En effet, beaucoup de beatmakers débutants commencent des productions qu’ils ne terminent jamais.
Et j’en fais clairement partie !
Pendant longtemps, c’est ce que j’ai fait.
Pour moi, il y a plusieurs raisons à cela :

  • Le manque de connaissances en MAO
  • Je n’étais jamais satisfait de ce que je faisais (ça ne sonnait pas comme ce que j’écoutais…)

Pour pallier le manque de connaissances j’ai appris comment faire une prod de A à Z. Il existe plein de tutoriels sur le sujet gratuit ou payant.
Et pour ne plus me sentir frustré par ce que je produisais, j’ai fini par adopter une mentalité de progression.
La mentalité de progression, c’est un état d’esprit où l’on se focalise d’abord sur le processus plutôt que sur le résultat.
On cherche à s’améliorer chaque jour en évaluant ce qu’on a fait et en répétant le processus créatif.
Mes attentes ne sont plus “Je dois faire le hit de demain” mais plutôt “je vais faire mieux que ce que j’ai fait avant”.
Le but c’est de finir ses compositions et non pas de faire la prod parfaite.

Comprendre la théorie musicale

Comprendre les bases théoriques aide grandement

Un des principes essentiels à suivre est de comprendre la théorie musicale.
Quand j’ai commencé la MAO, pendant longtemps j’ai composé sans avoir aucune notion théorique.
Et petit à petit j’ai pu finir mes compositions. Alors pourquoi s’embêter ?
C’est seulement lorsque je m’y suis intéressé que j’ai compris à quel point c’était indispensable. (et je suis encore très loin d’avoir tout compris)
C’est comme apprendre une nouvelle langue. Il faut connaître des mots de vocabulaire et savoir faire des phrases.
Et comme l’a dit le producteur illMind : 

“La plupart des producteurs ne le font pas. Soyez au-dessus du reste. Prenez le temps d’apprendre la théorie musicale.”

Il n’est pas nécessaire d’y passer 5 ans.
Avoir de bonnes bases vous offrira déjà beaucoup de possibilités créatives.
Par exemple, comprendre les gammes, tonalités et quelques suites d’accords sera utile notamment pour enrichir ses mélodies d’harmonies ou de contre mélodie.
Il existe des tonnes de vidéos et livres sur le sujet. 

D’ailleurs dites-moi en commentaire, si vous souhaitez que je vous en fasse une sélection.

Développer son oreille musicale

Notre capacité à comprendre et apprécier ce qu’on entend est essentielle quand on est music producer.
Premièrement, écoutez beaucoup de musiques de genres différents et même ceux qui ne vous attirent pas à priori.
C’est un conseil que donne Dennis DeSantis dans son livre Making Music: 74 Creative Strategies for Electronic Music Producers (qui est d’ailleurs un livre que je recommande pour progresser en beatmaking).
Ça vous aidera à comprendre ce qui marche aussi dans ces genres. 
Et qui c’est, peut-être que vous pourrez récupérer des idées sur la façon dont les percussions ou les voix sont mixées par exemple.
Deuxièmement, je vous conseille de faire des exercices de “Ear training” (entrainement de l’oreille en français ^^).
Grâce à cela vous reconnaitrez plus facilement des accords et mélodies.
J’utilise personnellement Ear Training qui est gratuit et très simple d’utilisation.
Par exemple, je pratique l’exercice des progressions d’accords et d’identification d’accords chaque jour.

Il existe d’autres sites comme par exemple, ToneGym qui a l’air plus complet (avec un système de points et de classement) mais qui est payant. 

Maîtriser l’équipement qu’on a

Maîtrisez ce que vous avez déjà

C’est vraiment top d’avoir du matériel de home studio de qualité.
Mais ça ne sert à rien si on ne sait pas s’en servir.
Et pour savoir s’en servir il faut non seulement connaître son fonctionnement mais aussi pouvoir produire sa musique avec.
Le souci quand on débute par exemple c’est qu’on doit apprendre à créer :

  • Une mélodie
  • Un pattern de drums
  • Une ligne de basses
  • Faire un arrangement 
  • Et savoir mixer

On doit aussi apprendre à se servir de son séquenceur.
Si en plus, on se rajoute des équipements supplémentaires on peut vite s’y perdre.
Quand j’ai commencé la MAO, j’ai fait cette erreur et j’ai perdu énormément de temps.
Je changeais de DAW et de contrôleur MIDI tous les 4 matins.
J’avais l’impression d’avancer.
En réalité, je passais mon temps à comparer des détails entre des claviers maitres que je n’exploite pas réellement.
Pendant ce temps, bien sûr je ne faisais pas beaucoup de musique.
Ça vaut aussi pour les plugins VST qui sont innombrables. 

Avoir de l’égo

Avoir l’audace d’aller là où on ne vous attend pas

Selon moi, pour devenir un artiste accompli il faut avoir un certain égo (ou le développer).
En effet, diffuser sa musique demande de l’audace
On prend le risque de se faire critiquer sur notre musique voire sur nous-mêmes.
Et ce n’est pas simple surtout quand on est par nature assez introvertie.
Mais pourtant c’est une étape importante à passer pour oser aller au bout de ses idées. (Et ne pas écouter la petite voix dans sa tête qui a tendance à s’auto-critiquer)
En sortant ses musiques, on aura des retours dont certaines constructives qui nous permettent de progresser.
Et de toute façon, on aura toujours des critiques de gens pour juger ce qu’on fait et ce qu’on est.
Alors, pour garder son intégrité artistique on doit savoir faire avec.

Aimer le processus créatif

C’est ici que vous allez passer des heures et des heures

Pour progresser en beatmaking, il faut aimer le processus créatif.
Ça peut paraitre évident mais c’est fondamental. Et ce n’est pas toujours le cas.
Parfois, on ne s’en rend pas compte mais on fait les choses sans trop se poser de questions.
On peut commencer la production et aimer ça début puis à force de rester dans les mêmes routines on finit par ne plus vraiment apprécier ce qu’on fait.
Peut-être qu’on s’y est mis pour d’autres raisons : vouloir gagner de l’argent, avoir une certaine notoriété ou pour refaire les mêmes prods de nos artistes préférés.
Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises raisons mais selon moi, en ne voulant que ça on se focalise d’abord sur le résultat et au lieu du processus.
Le problème ici, c’est que vous serez vite découragé au moindre échec.

Développer une culture artistique

Allez visiter un musée si ça vous plait

Développer une culture artistique permet d’enrichir son art.
Mais comment on fait concrètement ?
Comme je l’ai dit dans le 4e principe, il s’agit d’écouter différents genres de musique mais pas que.
En effet, développer sa culture c’est aussi s’intéresser à d’autres formes d’art comme le cinéma ou la danse par exemple.
J’ai donné ces deux exemples car elles interagissent beaucoup avec le son mais ça peut être aussi la peinture. 
Personnellement, je trouve que ça nourrit mon imaginaire et stimule mes sens. 
D’une manière ou d’une autre, cela m’amène à avoir des idées dans ma pratique.

Créer ses propres sonorités

Une onde sonore dans son habitat naturelle

S’il y a un bien quelque chose qui me fait gagner du temps lorsque je compose, ce sont bien les presets.
C’est génial de pouvoir en quelques minutes avoir des sons tout prêt à l’emploi. Malheureusement, ça ne correspond pas toujours au son qu’on aimerait.
De plus, ça condamne forcément à utiliser les mêmes sons que d’autres producteurs (si on prend le preset tel quel).
Ce n’est pas un problème en soi mais à un moment donné si on veut avoir sa propre identité sonore on doit pouvoir créer ses propres sonorités.
Et ça permet de pouvoir de créer les sons qu’on a en tête.

Expérimenter

Sortez des sentiers battus

Le fait d’expérimenter permet de sortir de sa zone de confort en tentant des choses qu’on ne ferait pas autrement.
En se mettant une contrainte par exemple, on s’oblige à prendre certains chemins qu’on n’a pas l’habitude de prendre.
Et à force de le faire, ça nous fait progresser car on se dépasse à chaque fois.
En se limitant par exemple, à un seul plugin pour toutes ses parties mélodiques on devra faire preuve de créativité pour réussir à avoir un résultat satisfaisant.

Pour conclure, expérimenter le plus souvent possible permet d’élargir ses horizons.

En bref

Pour finir, je dirais que tous ces principes sont importants mais que leur application dépendra du contexte et du niveau de chacun.
Personnellement, je ne les ai tous pas encore suivis mais je m’efforce de le faire pas à pas.
A vous de trouver lesquels vous conviennent et dans quel ordre.

Dites-moi en commentaires quels sont les principes que vous suivez déjà et sinon, lesquels verriez-vous ?

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